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Votre enfant vient au monde avec uniquement 25% de la taille de son cerveau à l’âge adulte. Mais certaines zones du cerveau sont déjà très matures à la naissance. Alors, comment se développe le cerveau de votre enfant ? Qu’est-ce que la plasticité cérébrale ? En quoi les neurosciences nous aident à mieux comprendre les comportements de nos enfants ?

De nombreux parents, que j’accompagne en coaching parental, se sentent démunis face aux comportements parfois explosifs et débordants de leurs enfants. Si c’est votre cas, et que vous souhaitez échanger avec moi à ce sujet, n’hésitez pas à prendre un RDV pour une séance de découverte en coaching parental. D’une durée de 30 min en visio, elle est offerte et sans engagement :


Dans cet article, je vous livre 4 clés de connaissance à retenir pour comprendre le développement émotionnel et psychologique de votre enfant.


La plasticité cérébrale du jeune enfant avant l’élagage synaptique

Le cerveau du bébé à la naissance

85 à 100 milliards ! c’est le nombre de neurones contenus dans le cerveau d’un bébé humain à la naissance ! Et 1 neurone a entre 1000 à 10000 connexions aux autres neurones. Ces connexions, on les appelle les synapses…. Ça fait un paquet de synapses ! A l’âge adulte, nous avons perdu 2/3 de ces connexions.

Mais rassurez-vous, nous ne sommes pas moins intelligents en grandissant, nous devenons simplement des spécialistes. Et c’est grâce à la plasticité cérébrale, notamment celle de l’enfant. Grâce à ses nombreux neurones et ses très nombreuses synapses, le cerveau humain, depuis la naissance (et même avant), va fixer les souvenirs de chacune des expériences vécues et ressenties à travers ses sens. Il se créé 700 à 1000 nouvelles connexions par seconde pendant les 5 premières années de la vie !

La plasticité cérébrale et l’élagage synaptique

En fait, à cet âge-là, il suffit à l’enfant de vivre. Car tout ce qu’il sent, qu’il entend, qu’il voit, qu’il ressent, qu’il goûte devient une expérience que son cerveau conserve et classe comme un apprentissage. A partir de 5-6 ans, le cerveau commence à faire le tri pour permettre à l’enfant, puis à l’adulte de devenir un spécialiste, en approfondissant au fur et à mesure, son 1/3 de cerveau qui est le plus utile. Les connexions les plus utilisées se renforcent, et les connexions les moins utilisés disparaissent. C’est ce que les scientifiques appellent l’élagage synaptique.

Donc on comprend à ce moment-là qu’il est essentiel d’interagir positivement le plus possible avec son enfant, pour lui faire vivre des expériences positives. Et puis aussi, le laisser, autant que possible, explorer le monde autour de lui avec ses sens.

Point-clé n1. Les expériences fréquentes modulent le cerveau du jeune enfant

En substance, la première chose à savoir sur la plasticité cérébrale, c’est que ce sont donc les expériences les plus fréquentes (et non les meilleures) chez le petit enfant (jusqu’à environ 5 ans), qui font conditionner le développement de son cerveau.


Le développement du cerveau émotionnel de l’enfant

D’après les dernières découvertes en neurosciences, on sait que le cerveau du petit humain n’est mature jusqu’à l’âge de 25 ans environ. Il garde une certaine plasticité cérébrale toute sa vie. Mais, qu’est-ce que ça veut dire ?

Le cerveau reptilien (ou archaïque)

plasticite cerebrale cerveau archaique

Le cerveau reptilien (zone bleue), c’est la zone des fonctions primaires, comme la respiration, l’horloge biologique, le rythme cardiaque, l’équilibre. C’est aussi le siège de notre « instinct de survie« . Son rôle est déclencher très vite et très fort, des alertes et des réactions face au danger : soit la fuite, soit l’attaque.

Le système limbique

plasticite cerebrale cerveau limbique

Le système limbique (en rose), c’est le cerveau de nos émotions, l’endroit où nos sens sont exploités pour fabriquer des émotions.

Le néocortex

plasticite cerebrale neocortex

La partie supérieure, c’est le néocortex, appelé également matière grise. C’est la zone des apprentissages, de la réflexion. La zone préfrontale en particulier, c’est la zone où se développent le sens moral, l’empathie, et la régulation des émotions. Cette partie-là ne commence à se développer qu’à partir de 6-7 ans et atteint sa maturité vers 25 ans.

Point-clé n2. Incapacité de régulation des émotions avant 6-7 ans

Et donc, les neurosciences nous donnent ici la deuxième chose à savoir sur le cerveau de son enfant. Lorsque l’enfant naît, et ce jusqu’à 6-7 ans, il est principalement dominé par son cerveau reptilien (or archaïque) et son système limbique. Les petits enfants ressentent donc des émotions très fortes lorsque leurs besoins primaires ne sont pas satisfaits. Et ils n’ont pas, de manière physiologique, de manière cérébrale, les capacités à réguler leurs émotions tout seuls.

Donc, on comprend mieux que, si votre enfant de 18 mois se roule par terre au supermarché parce qu’il a faim, ou qu’il est fatigué, ce n’est pas un caprice ! C’est un manque de régulation cérébrale de ses émotions face à un besoin physiologique non satisfait. Et avec ce nouvel éclairage, on peut commencer à interpréter son comportement différemment.

Comment accompagner les décharges émotionnelles d’un jeune enfant ?

L’effet du stress sur le cerveau de l’enfant

On sait, maintenant, et toujours grâce à l’apport récent des neurosciences, que ce qui aide à faire maturer le cerveau (à développer ce fameux néocortex), c’est justement d’entourer l’enfant d’un environnement sans stress et rempli d’amour et d’empathie. Donc l’idéal, même si c’est parfois très difficile, c’est de garder son calme, faire justement preuve d’empathie, verbaliser l’émotion perçue chez l’enfant, consoler et sécuriser.

Cela peut paraitre contre-intuitif de consoler un enfant qui nous agressent par ses cris… Et pourtant ces dix dernières années, ces données ont fait l’objet de nombreuses études scientifiques pour démontrer que si on laisse son enfant seul avec ses émotions débordantes, ou si on réagit avec ignorance, agression, cris ou violence, et bien ça crée un stress énorme pour l’enfant, qui libère du cortisol. A forte dose, le cortisol va détruire certaines cellules, justement dans cette zone pré-frontale. Et donc modifier en profondeur les capacités du cerveau de l’enfant à se développer.

Le cerveau de l’enfant est très malléable et donc vulnérable, aux effets du stress chronique, en particulier depuis sa vie intra-utérine jusqu’à l’âge de deux ans. Ainsi, les expériences vécues durant la petite enfance vont fondamentalement s’imprimer dans son cerveau et peuvent avoir des répercussions dans sa vie d’adulte.

Point-clé n3. Bienveillance et empathie requis lors d’une décharge émotionnelle

Donc à retenir, un enfant de moins de 6-7 ans qui vit un débordement émotionnel, comme par exemple une crise de colère, a besoin de vous, pour l’aider à surmonter ce débordement. Et ce, grâce à la tendresse, l’empathie et la sécurité émotionnelle. Utiliser le sens du toucher peut s’avérer très efficace pour entrer en connexion avec son enfant, consoler et rassurer. A partir de 7 ans, qu’on appelle aussi l‘âge de raison, l’enfant commence tout juste à développer sa capacité de régulation des émotions. Mais il faudra de nombreuses années pour que ce lobe pré-frontal arrive à maturité.


Plasticité cérébrale de l’adolescent

Un lobe pré-frontal encore immature

Même si un ado a déjà une maturité cérébrale plus avancée qu’un jeune enfant, il n’est pas complètement mature pour autant. Son lobe pré-frontal, qui est le siège des capacités intellectuelles, de la mémoire, de la capacité à prendre des décisions, se mature vers 16-17 ans. Il permet à l’ado, presque jeune adulte de commencer à pouvoir prendre du recul, réfléchir et analyser avant de réagir impulsivement. Mais il manque encore au développement du cerveau, l’étape ultime qui est la maturité d’une petite zone, située à l’avant du front, au-dessus des yeux, c’est le cortex orbito-frontal. Cette petite zone est le siège des mécanismes de régulation des comportementaux sociaux et émotionnels. Et sa maturité s’atteint vers l’âge de 24-25 ans.

Système de régulation des émotions

Pour expliquer de manière imagée comment fonctionne un cerveau immature d’ado, il faut imaginer que le cerveau d’un ado serait une voiture qui aurait 2 personnes assises à l’avant. La première personne, représente le cerveau limbique et reptilien, c’est le passager qui a un rôle « protecteur ». Il est instinctif, brut, impulsif. C’est lui qui ressent les émotions, qui alerte vite et fort face au danger.

plasticite cerebrale cerveau de l enfant

Et puis juste à côté, il y a le conducteur qui a un rôle « exécutif« , c’est le néocortex, c’est celui qui va conduire finalement la voiture, en utilisant les informations fournies par le passager protecteur, mais également ses capacités de réflexion, son empathie, son sens moral. Bref, le conducteur exécutif, c’est lui apaise, rassure et régule les actions et émotions ressenties par le passager protecteur, et puis c’est lui qui exécute aussi, qui conduit.

plasticite cerebrale bebe

Quand l’enfant est petit, le conducteur exécutif est minuscule, il est tellement petit qu’il ne voit pas la route. Il freine et accélère brutalement, en fonction de ce que lui dicte le passager protecteur.

enfant plasticite cerebrale

Puis il grandit et à partir de 7 ans, il commence tout juste à pouvoir voir la route. Mais il ne sait toujours pas conduire avec fluidité.

maturation ado plasticite cerebrale

Vers 14 ans, il voit correctement la route et commence à comprendre comment fonctionne la conduite, quels comportements adopter, quels éléments prendre en compte avant d’exécuter une commande d’accélération, de freinage, ou d’arrêt. Il peut commencer à réfléchir et rassurer son passager, réguler son émotion, et agir avec plus de fluidité.

Point-clé n4. Le cerveau des ados est encore immature jusqu’à 25 ans

Cependant, à cet âge-là, il y a également un phénomène d’hyperconnectivité du passager protecteur vers le conducteur exécutif. Et ce flux d’information est bien plus intense et bien plus rapide que les nouvelles et fragiles capacités de régulation du conducteur.  Cette hyperconnectivité et ce manque d’équilibre dans les flux expliquent la fatigue et l’instabilité que peuvent vivre les ados. Mais rassurez-vous, après quelques années d’expérience et d’apprentissage de régulation, un ado puis un jeune adulte, vers 25 ans, va finir par avoir un cerveau mature, et donc une conduite plus fluide et responsable.

Et puis, à partir de 25 ans, le cerveau humain, grâce à la plasticité cérébrale qui reste un phénomène magique, va permettre à l’adulte, de continuer à se spécialiser tout au long de sa vie.


J’espère que cet article vous aura permis de comprendre un peu mieux comment la plasticité cérébrale nous donne de nouvelles perspectives sur l’interprétation des comportements de nos enfants.

Est-ce que ces derniers apports en neurosciences vont impacter vos stratégies éducatives ? Si oui, de quelle manière ? N’hésitez pas à partager vos réflexions en commentaires !



Pour aller plus loin

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Coach parentale certifiée, formée en psychologie positive et en épuisement parental,  j’accompagne les parents speed & imparfaits à se reconnecter à  leur(s) enfant(s) et retrouver le bonheur d’être parent 🙂 . Pour en  savoir plus sur mon parcours, cliquez ici.

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