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Est-ce que ça vous arrive parfois de dire quelque chose de vraiment négatif à votre enfant ? Sur le coup du stress, ou de la colère ? Ou même juste par automatisme. Parce que c’est ce que vous avez entendu pendant votre propre enfance, et que ça sort « tout seul » ? Et puis, vous vous dîtes : « Mais pourquoi je lui ai dit ça ? On dirait ma mère ! » 🙂 . Et puis bien sûr, on dit aussi parfois des phrases dévalorisantes sans réaliser qu’elles peuvent être toxiques pour notre relation parent-enfant ! Vous vous reconnaissez dans cette description ? Probablement que oui, car vous êtes un être humain, et pas seulement un parent ! Et même les super-héros se trompent parfois.

Dans cet article, je vous liste 5 types de phrases qui nuisent à votre lien parent-enfant. En les évitant autant que possible, vous pourrez davantage nourrir votre lien grâce à une communication bienveillante.

Avant-propos

Je souhaite tout d’abord vous dire qu’il est inutile de vous en vouloir et de culpabiliser si vous avez dit ces phrases ! Ou même, si vous les dites souvent à votre enfant. Le but de cet article, c’est de vous inviter, dans un premier temps, à prendre conscience de ces phrases impactantes, qui sortent toutes seules. Puis, observez-vous les dire. Et petit à petit, essayez de les remplacer par des alternatives qui seraient davantage bienveillantes. Mais n’oubliez pas qu’aucun parent n’est parfait… Et donc, restez bienveillant et indulgent avec vous-même.


1. Ces phrases néfastes qui renient les émotions

Exemple de phrases néfastes

« N’aie pas peur » ! Mais, il en a bien d’autres… Telles que : « Ça ne sert à rien de te mettre en colère« , « Arrête de pleurer« , « Ce n’est pas grave« , « C’est rien du tout » « Mais non, ça ne fait pas mal« .

Pour apprendre à réguler ses émotions, un enfant a tout d’abord besoin de savoir les identifier, les reconnaitre en termes de ressenti intérieur et de sensations corporelles. Alors, lui demander de les renier (car, c’est ce que l’on fait en disant « N’aie pas peur »), ne lui permet pas de les accepter pour mieux les réguler.

Et une émotion refoulée, ressort, à un moment ou à un autre… Parfois des années plus tard, parfois immédiatement, de manière plus explosive encore. D’ailleurs, vous avez peut-être remarqué que votre enfant réagit encore plus mal si vous lui dîtes « C’est pas grave » dans une situation de grande frustration pour lui.

Alternative en communication bienveillante

L’alternative est assez simple, même si elle n’est pas toujours naturelle. Il s’agit de la reformulation de ce que votre enfant exprime.

Par exemple, si votre enfant recule devant un chien, ou vous dit « J’ai peur ». Tout d’abord, sécurisez-le physiquement, puis dîtes-lui simplement : « Tu as peur que ce chien te fasse du mal. » Vous pouvez également l’aider à ressentir cette émotion dans son corps. Par exemple : « Est-ce que ton coeur bat très fort, et ton corps se raidit ? ». Vous l’aiderez à reconnaître et identifier le tumulte d’émotions que la peur lui fait ressentir. Il pourra alors apprendre à mieux la reconnaître et à l’accepter, qui sont des étapes essentielles pour apprendre à la surmonter.


2. Les menaçes d’abandon

Exemple de menaces impactantes

Les menaces sont très impactantes pour un enfant, en particulier, celles qui conditionnent votre amour pour lui et renvoient un enfant à sa peur de l’abandon. Par exemple : « Si tu ne mets pas tes chaussures pour sortir, je te laisse ici ». « Si tu n’es pas sage, je ne te ferai pas de bisou pour te dire bonne nuit« . Ou encore : « Je ne pourrais jamais te pardonner de m’avoir dit ça« .

La peur d’être abandonné ou moins aimé est une violence énorme pour un enfant. Car, pour grandir sereinement, et explorer tout son potentiel de développement, il a besoin de se sentir en sécurité, notamment sur le plan émotionnel. Le menacer de lui retirer tout, ou une partie, de votre amour lui cause un stress émotionnel intense, et peut laisser en lui une blessure importante. Et la répétition de ces menaces d’abandon impactera son modèle interne de construction de relation à autrui.

Alternative en communication bienveillante

L’alternative bienveillante ici serait : « Quand tu auras mis tes chaussures, on pourra faire la course pour aller jusqu’à la voiture ».

Remplacez le « SI » par un « QUAND« , et puis proposez un petit défi pour l’inciter à suivre votre consigne ! Si vous sentez que vous allez vous laisser emporter par la colère et lui dire des mots durs et menaçants, faites une petite pause et n’hésitez pas à différer votre message. Dîtes-lui, par exemple : « Je suis très en colère, je dois m’isoler parce que j’ai peur de te dire des mots que je vais regretter par la suite. Mais, on reparle de cette histoire dans quelques minutes ».


3. Les mots qui pressent…et qui stressent

Exemples de phrases stressantes

Dans nos vies organisées d’adulte, nous courons toujours après le temps… Et quelle frustration, lorsque son enfant traîne des pieds, prend son temps, nous met en retard ! Il est alors très tentant d’avoir recours à des phrases stressantes, telles que : « Dépêche-toi », « Vite, vite, viiiiite« , « Accélèrrrrrre » !

Cependant, ‘se dépêcher’ n’est pas concret pour un enfant… Il n’a pas la même notion du temps qu’un adulte. Ces mots, chargés d’intensité émotionnelle (la nôtre), lui génèrent donc un stress non-constructif. Et le stress provoque la sécrétion du cortisol, qui, à haute dose, et de manière chronique va impacter le développement de son cerveau.

Alternative en communication bienveillante

Préférez plutôt une alternative concrète qui l’incite à passer à l’action. Par exemple : « Il nous reste 2 minutes avant le départ pour l’école, tu préfères mettre ton manteau ou tes chaussures en premier ? ». N’hésitez pas à utiliser des sabliers, ou un minuteur pour que l’enfant puisse constater visuellement que le temps s’écoule.


4. Les dévalorisantes étiquettes

Exemples de phrases dévalorisantes ou humiliantes

Les étiquettes sont néfastes pour le développement d’un enfant, d’autant plus si elles sont négatives, humiliantes et dévalorisantes. Comme, par exemple « TU es égoïste » « TU es maladroit, TU es méchant, TU es tête en l’air« .

Les étiquettes enferment l’enfant dans un défaut ou une qualité. Et il fera TOUT pour se conformer à cette étiquette par la suite, même de manière inconsciente. Si cette étiquette est dévalorisante, il sera découragé et n’essayera pas de faire mieux. Si l’étiquette est positive, comme par exemple, « tu es bon en maths », il se mettra la pression pour y rester fidèle et le moindre échec sera vécu comme un drame personnel

Et puis, pour grandir son estime de soi, il est essentiel de comprendre que les erreurs et les échecs sont acceptables. Chaque expérience fait grandir, et l’enfant a besoin de connaître la différence entre QUI il est (identité), et CE qu’il fait (comportement). Oui, parfois un enfant peut avoir des comportements égoïstes, mais il peut également faire preuve de générosité ou d’altruisme, l’heure suivante. Si vous lui dites « TU es égoïste » dès qu’il a un comportement égoïste, et que cette phrase lui ait répétée souvent, il s’y conformera. Il souhaitera finalement être accepté tel qu’il est, sans plus faire d’effort pour démontrer des comportements altruistes.

Alternative en communication bienveillante

L’alternative bienveillante consiste à remplacer « TU es » par « CE que tu as fait est …, et je sais que tu peux faire mieux la prochaine fois.« . Ici, je vous invite donc à qualifier le comportement de l’enfant, en étant le plus descriptif possible (actes et conséquences). Et puis, n’hésitez pas à lui dire que vous croyez en sa capacité d’améliorer son comportement en apprenant de ses erreurs.


5. Les néfastes comparaisons

Exemples de comparaisons néfastes

Les comparaisons, d’autant plus au sein d’une fratrie sont néfastes, car elles créent un climat de jalousie, ou chacun tente d’obtenir par tous les moyens possibles la plus grande part d’amour et d’approbation de ses parents. Par exemple : « Regarde ta sœur, elle a bien rangé sa chambre, elle ! ». « Le fils de Martine, il a eu une bonne note au contrôle de maths« . Ou bien encore : « Moi, quand j’avais ton âge, j’étais bon en histoire« .

De plus, la comparaison donne à l’enfant l’impression que la valeur d’un acte ou d’un comportement est étroitement lié à autrui : à son jugement, à sa performance. A l’âge adulte, il cherchera par tous les moyens à se débarrasser du regard de l’autre, pour être heureux, libre et serein. Alors, autant l’aider à avoir les bons réflexes dès le début 🙂 .

Alternative en communication bienveillante

L’alternative bienveillante est de rester centré sur le comportement de votre enfant, en formulant vos observations, et éventuellement vos demandes de manière descriptive. Par exemple : « Je vois que ta chambre est en désordre. Il y a des livres et des jeux par terre, je te demande de ramasser ce qui traine par terre et de les mettre à leur place. C’est à dire : les jeux dans les bacs de rangement et les livres sur l’étagère ».


Communication bienveillante : quoi faire lorsqu’on a dit ces phrases toxiques ?

maman et fils malheureux

Et bien sûr, si ces phrases dévalorisantes sortent quand même de votre bouche, ne culpabilisez pas…! Vous serez toujours en mesure de réparer. En vous reprenant, voire en vous excusant ! Par exemple : « Quand j’ai dit ça ce matin, ce que je voulais dire c’est plutôt ça. Je suis désolée de t’avoir blessé ». Reconnaître son erreur et s’excuser est une belle leçon de savoir-être à enseigner à son enfant.


Et vous ? Quelles sont les phrases qui « sortent toutes seules » et que vous regrettez d’avoir dites ? Partagez votre expérience en commentaires !

J’espère que cet article vous aidera à davantage communiquer de manière bienveillante avec votre enfant. Je vous invite également à télécharger ma fiche conseil, disponible gratuitement en pdf afin de recevoir 15 alternatives de phrases courantes à éviter avec votre enfant.



Pour aller plus loin

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